mercredi 23 juin 2010





Déchargement du train, je dois gagner la frontière à Flensburg, et sorti de la gare, dilemme : Un
panneau montre le sigle « Autobahn » vers la droite, un autre pareil vers la gauche.
Pas de numéro, pas de direction, simplement le signe de l'autoroute.
Je choisis donc à gauche, visite un quartier du port (je ne connaissais pas) et vois un panneau « pont
de l'Elbe »
Scheise ! Je vais au sud, je demitourne élégamment dans la matinale circulation hambourgeoise, et
retrouve mon autre panneau vers la droite, qui, lui; mène vers le nord.
Je décide de gagner du temps et reste sur l'autoroute, franchis la frontière danoise sans m'en
apercevoir, je voudrais bien être en Suède ce soir.
Deux seuls arrêts au Danemark, pour le carburant.
Suis un peu désolé de négliger ainsi un pays qui ne m'a rien fait, mais c'est comme ça.
Il ne pleut pas, mais c'est bien gris et je n'ai pas bien chaud, malgré le cuir.
Je passe l'interminable pont de l'Öresund qui relie les deux pays, il y a du vent au dessus de la mer
et je me les caille.
La frontière suédoise se passe presque sans ralentir, il est 14 H, je décide de zapper Malmoe et de
continuer au nord.
Le ciel est 'achement noir, l'orage menace et tient parole !
Trombes d'eau, j'ai l'impression que l'orage me suit, puis éclaircie, je suis à Hassleholm avec des
ronds sur le A et ailleurs, un panneau « camping » et bingo !
Suis trop fatigué pour continuer, je me pose avec délicatesse.
CHAPITRE DES PERTES :
J'ai paumé (rigolez pas, sinon je ne vous le dis plus)
-Le support du GPS entre les deux boules. Bien sûr, chais pô comment, et j'ai bricolé au
camping un élégant système de remplacement, sous l'oeil de mini-vikings qui commentaient la
chose, mais comme je ne parle pas le viking, je vous le dirai pas.
– -Le bitonio aimanté qui sert de capteur au compteur, ça c'est plus pénible car il sert à connaître
la vitesse de déplacement et surtout pour faire le plein !!!
– J'ai essayé de jouer les Mc Gyver en sacrifiant un aimant de ma sacoche réservoir, que j'ai
maintenu par une bouboule de « pâte-utilisée-par-les-carrossiers-pour faire-tenir-ce-qui-vibre »
mais le truc a fonctionné au poil seulement sur quelques centaines de mètres.
Ce matin, je suis réveillé par la clarté du jour, je regarde la montre, il est 4H du mat' !
Je me persuade de me rendormir jusqu'à 7H., et là, je constate QU' IL FAIT BEAU, prépare la brêle
et me dirige vers le petit-déj que j'ai commandé la veille.
Les consignes ayant mal été transmises, l'équipe d'aujourd'hui n'était pas au courant et j'attends....
J'ai attendu 10 minutes.
Pas mal, charcuterie, oeuf, fromage, petit pain blanc et plusieurs pains rigidement suédois.
Quand je demande à payer, une gentille et blonde madame me répond que je ne dois rien avec un
grand sourire.
Je reprends la route sans combine de pluie ( quelle extase !) cette fois-ci les petites routes, en
excellent état, bien signalées, à travers un paysage magnifique, de profondes forêts, des champs
cultivés au cordeau, des maisons coquettes.
Malgré la limite de vitesse (100, 90, 80, 70, 50) on arrive à rouler car très peu d'agglomérations sont
traversées.
De très nombreux radars, toujours signalés, sont en place, je me demande à qui ils servent, car les
suédois respectent rigoureusement la signalisation (étonnant, non ?)
Je croise très peu de motards.
Le motard suédois ne salue pas son homologue.
J'ai tenté plusieurs fois de le faire, en croisant, puis en étant dépassé par un viking, mais aucune
réponse.
Je me considère comme froissé, et désormais, je les ignorerai superbement.
Le motard allemand, également, est très discret dans son salut.
Alors qu'il y a une soixantaine d'années, son salut était des plus démonstratifs en claquant des
talons, il s'est aujourd'hui il se fait plus discret.
Il y a quelques années, je roulais en république Tchèque. Le motard de là-bas, espèce alors
extrêmement rare, te saluait un peu comme le torero à qui l'on vient de remettre les couilles de
l'animal malchanceux.
Finalement, c'est amusant, ces différences de comportement...
Je vais prêter attention aux autres motards des pays traversés.
Au cours d'un arrêt carburant, un mec me demande si je veux une photo de moi-même (il y a, bien
sûr, un lac derrière) je constate qu'il parle allemand et commençons la discussion.
C 'est un motard de Lübeck qui conduit un semi-remorque, dès que je lui dis que j'ai les Lofoten au
programme, il me donne l'adresse d'un de ses potes lofotonien, et m'écrit une petite lettre à lui
remettre.
Ce soir, étape à Motala, je m'y suis arrêté tôt, car je comptais trouver de la résine pour bidouiller un
aimant de compteur, et puis je devais laver quelques T-shirts, slips et chaussettes.
Pas trouvé de résine, mais lavé mes affaires, que j'ai disposées sur l'herbe pour qu'elles sèchent.
3 heures après, toujours mouillé !
Je fais comment, je rentre les affaires dans un sac poubelle pour continuer demain ?
Je les laisse cette nuit dehors, mais la rosée ???
Après le dîner, j'aviserai.
Et pi il faudra que vous parle des vieux...

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